Qu'est-ce que les logiciels médicaux ne couvrent pas ?
Tout ce qui n'est pas le soin lui-même. Le logiciel de cabinet (Weda pour un médecin, Julie pour un chirurgien-dentiste, par exemple) gère le dossier patient, les prescriptions et la facturation à l'Assurance maladie. Doctolib ou un outil équivalent gère les rendez-vous. Entre les deux, une grande partie du travail quotidien n'a aucun outil.
Ce que l'on observe dans les cabinets de groupe et les centres de santé :
- les assistantes font des allers-retours permanents entre la stérilisation et les salles pour chercher les plateaux stériles et rapporter le matériel souillé ;
- la traçabilité des cycles de stérilisation est tenue sur un registre papier ou un tableur ;
- les commandes de consommables partent quand un tiroir est vide ;
- la coordination entre praticiens, secrétariat et assistantes passe par des post-it et une messagerie grand public ;
- dans un centre multi-sites, personne n'a de vue consolidée sur l'occupation des fauteuils ou des salles.
Ce sont ces trous que le sur-mesure comble, à côté du logiciel médical et sans y toucher.
Un robot de livraison dans un cabinet d'orthodontie : ce que nous avons construit
Pour Sakura France Service, nous avons appris à un robot OrionStar DR02 à travailler dans un cabinet d'orthodontie. Le robot est livré nu : le comportement métier, les écrans et l'outil de pilotage étaient à inventer.
- L'application embarquée orchestre les missions : charger en stérilisation, livrer une ou plusieurs salles, attendre la validation humaine, rapporter le souillé, retourner en veille, aller se recharger. L'écran guide le personnel et le robot parle.
- L'interface de pilotage est hébergée par le robot et accessible sur le réseau du cabinet, sans serveur externe ni abonnement cloud : chaque salle commande en deux clics, la stérilisation voit la file des missions en temps réel.
- Le moteur de missions regroupe jusqu'à trois commandes en un seul trajet, gère les tournées multi-salles et reprend après incident.
Deux exigences sanitaires ont structuré le logiciel. La marche en avant : deux points distincts pour le départ et le retour en stérilisation, le propre et le sale ne se croisent jamais. Et une traçabilité sans tolérance : livré veut dire livré et confirmé par un humain, inscrit dans un journal horodaté. Plus de soixante versions ont été itérées sur le terrain avec l'équipe soignante avant la mise en service d'août 2026.
Quels autres outils internes un établissement de santé peut-il faire développer ?
Tous ceux qui organisent le travail autour du patient sans entrer dans son dossier médical. Exemples de projets réalistes :
| Outil | Ce qu'il apporte | Données de santé ? |
|---|---|---|
| Traçabilité de la stérilisation | Cycles, lots d'instruments, plateaux, salle et heure d'utilisation | Seulement si le plateau est rattaché à un patient |
| Logistique interne | Demandes de matériel entre services, tournées, confirmation de réception | En général non |
| Stocks de consommables | Seuils, commandes fournisseurs, dates de péremption, inventaires | Non |
| Planning des équipes et des salles | Présence des assistantes, affectation des fauteuils, remplacements | Non |
| Coordination entre sites | Indicateurs d'activité, consignes, documents qualité partagés | À éviter ou à agréger |
| Parcours patient non médical | Accueil, consentements administratifs, devis, rappels | Souvent oui, à cadrer |
La dernière colonne n'est pas un détail : elle décide de l'hébergement, des droits d'accès et des formalités. On la remplit pendant le cadrage, outil par outil.
HDS, RGPD, secret médical : quelles contraintes s'appliquent ?
Elles dépendent d'une seule question : l'outil manipule-t-il des données de santé de patients identifiables ? Si oui, plusieurs règles s'ajoutent.
- Hébergement : le Code de la santé publique (article L. 1111-8) impose un hébergeur certifié dès qu'un prestataire conserve en numérique, pour un cabinet, un établissement ou un patient, des données de santé nominatives issues de sa prise en charge (prévention, diagnostic, soins, suivi médico-social). Les conditions sont détaillées dans notre guide sur la certification HDS.
- RGPD : les données concernant la santé font partie des catégories particulières de données (article 9), ce qui impose une base légale adaptée, des accès strictement limités et, souvent, une analyse d'impact.
- Conservation : dans les établissements de santé publics et privés, le dossier médical se conserve 20 ans à compter du dernier passage du patient, avec des exceptions (mineurs, patients décédés). Un outil qui stocke des éléments du dossier doit programmer ces durées.
- Traçabilité des accès : qui a consulté quoi, quand. C'est une exigence de sécurité autant qu'une protection du secret professionnel.
Le choix le plus simple reste souvent de concevoir l'outil pour qu'il n'ait pas besoin de données de santé. Le robot de Sakura France Service en est un exemple : ses missions sont adressées à des salles et à des plateaux, et son interface est hébergée par le robot lui-même, sans serveur externe. Notre guide RGPD et logiciel métier complète ces points.
Comment l'outil cohabite-t-il avec le logiciel médical existant ?
En restant à côté, et en n'échangeant que le strict nécessaire. Les logiciels de cabinet sont rarement ouverts, et ce n'est pas un défaut : ils protègent le dossier patient. Un outil sur mesure n'a donc presque jamais besoin d'y écrire.
Quand un lien est utile, par exemple pour savoir quelles salles sont occupées selon l'agenda, on cherche d'abord ce que l'éditeur expose officiellement (API, export planifié), on limite les champs récupérés et on évite tout identifiant patient si l'usage ne l'exige pas. Ce travail d'intégration suit les principes exposés dans connecter ses logiciels par API.
Comment YMHB Web mène un projet dans un cabinet ou un centre de santé ?
Sur place, aux heures de consultation, avec les personnes qui font le travail. Pour Sakura France Service, le logiciel a été mis au point avec les utilisatrices du cabinet, et chaque situation réelle (un meuble devant un point d'arrêt, un couloir étroit, un patient qui passe) a demandé une réponse logicielle précise.
- Cadrage : observation des flux, inventaire des données manipulées, décision sur la présence ou non de données de santé.
- Maquettes validées par les utilisatrices, pas seulement par le praticien titulaire.
- Développement par itérations brèves, avec une version d'essai installée tôt dans le cabinet.
- Mise en service accompagnée, formation, puis évolutions selon les retours.
Le code appartient au client au paiement intégral et il est déposé chez lui. Le déroulé type figure dans notre méthode.
Quand le logiciel du marché suffit-il ?
Pour tout ce qui relève du dossier patient, de la prescription, de la télétransmission et de la prise de rendez-vous. Ces fonctions sont couvertes par des logiciels spécialisés, souvent soumis à des agréments ou référencements, et il n'y a aucune raison de les redévelopper.
Le sur-mesure n'a pas non plus sa place si un module existant de votre logiciel de cabinet fait déjà le travail, même imparfaitement. Il se justifie quand un flux interne coûte chaque jour du temps de soin et qu'aucun éditeur ne le traite : logistique, stérilisation, coordination multi-sites, ou pilotage d'un équipement comme un robot.
Questions fréquentes
- Un logiciel interne de cabinet médical doit-il être hébergé chez un hébergeur HDS ?
- Un logiciel interne de cabinet médical doit être hébergé chez un hébergeur certifié HDS s'il conserve, pour le compte du cabinet, des données de santé de patients identifiables recueillies lors d'activités de soins. S'il ne manipule que des salles, du matériel, des stocks ou des plannings, la certification HDS n'est pas requise, mais le RGPD s'applique dès qu'il traite des données personnelles.
- Peut-on connecter un outil sur mesure à Doctolib ou au logiciel du cabinet ?
- On peut connecter un outil sur mesure à Doctolib ou au logiciel du cabinet uniquement par les moyens que l'éditeur propose officiellement, comme une API ou un export planifié. YMHB Web limite les échanges au strict nécessaire et évite les identifiants patients quand l'usage ne les exige pas. Dans la plupart des projets internes, aucune écriture dans le dossier patient n'est nécessaire.
- Qu'a fait YMHB Web pour Sakura France Service ?
- Pour Sakura France Service, YMHB Web a développé l'application embarquée d'un robot OrionStar DR02 qui fait la navette entre la stérilisation et les salles d'un cabinet d'orthodontie. Le projet comprend un moteur de missions, une interface de pilotage hébergée sur le robot sans serveur externe, la marche en avant et une traçabilité horodatée de chaque livraison.
- Combien de temps faut-il conserver un dossier médical ?
- Selon Service-Public.fr, le dossier médical est conservé 20 ans à compter du dernier passage du patient dans les établissements de santé publics et privés. Des exceptions existent, notamment pour les patients mineurs et les patients décédés. Un logiciel qui stocke des éléments du dossier médical doit programmer ces durées de conservation dès sa conception.
- Un centre de santé multi-sites peut-il avoir un tableau de bord commun ?
- Oui. Un centre de santé multi-sites peut disposer d'un tableau de bord commun qui consolide l'activité, l'occupation des salles, les stocks et les indicateurs qualité de chaque site. Pour limiter les contraintes, ce tableau de bord travaille de préférence sur des données agrégées, sans données de santé nominatives, ce qui simplifie l'hébergement et les droits d'accès.
À lire aussi
Sources
- Service-Public.fr : dossier médical (conservation de 20 ans, hébergement des données de santé)
- Code de la santé publique, article L. 1111-8 (hébergement de données de santé)
- CNIL : texte du RGPD, chapitre II (article 9, catégories particulières de données)
- Code de la santé publique, article R1112-7 (conservation du dossier médical en établissement de santé)