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SaaS (logiciel en tant que service) : définition simple et exemples

Le SaaS (Software as a Service, logiciel en tant que service ou logiciel à la demande) est un logiciel qui tourne sur les serveurs de son fournisseur et s'utilise par un navigateur ou une application, en général contre un abonnement. Le client ne gère ni l'installation, ni les serveurs, ni les mises à jour, mais il dépend du fournisseur pour ses données et pour l'évolution de l'outil.

L'essentiel

  • Le SaaS est un logiciel hébergé et maintenu par son fournisseur, utilisé en ligne par abonnement, sans installation chez le client.
  • Selon Eurostat, en 2025, 52,74 % des entreprises de l'Union européenne de 10 personnes ou plus achetaient des services de cloud computing payants.
  • Le règlement européen sur les données interdit aux fournisseurs de cloud, SaaS compris, de facturer des frais de changement de fournisseur à partir du 12 janvier 2027, sauf pour certains services conçus sur mesure.
  • Avant de souscrire un SaaS, une entreprise doit vérifier comment elle récupérera ses données et à quelles conditions le fournisseur les traite.

Qu'est-ce qu'un SaaS ?

Un SaaS est un logiciel que l'on loue en ligne au lieu de l'installer : le fournisseur l'héberge, le met à jour et le sécurise, l'entreprise cliente l'utilise avec des identifiants. Le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française le nomme « logiciel-service » et le définit comme un logiciel standard hébergé sur les serveurs d'un fournisseur de services, généralement accessible par internet moyennant un abonnement.

La traduction courante « logiciel en tant que service » est déconseillée par l'Office québécois, qui la juge calquée sur l'anglais, et la version française du règlement européen sur les données (règlement (UE) 2023/2854) emploie « logiciel à la demande (SaaS) ». La définition de référence reste celle publiée en septembre 2011 par le NIST, l'institut américain des normes : le client utilise les applications du fournisseur, qui tournent sur une infrastructure en nuage, sans gérer ni contrôler le réseau, les serveurs, les systèmes d'exploitation ou le stockage.

SaaS, PaaS, IaaS : qui gère quoi ?

SaaS, PaaS et IaaS se distinguent par ce que le client garde sous son contrôle : presque rien en SaaS, son application en PaaS, ses serveurs virtuels en IaaS. Le tableau suit les définitions de la publication SP 800-145 du NIST.

ModèleCe que le client utiliseCe que le client gèreSituation type
SaaS (logiciel)Une application prête à l'emploiSes données, ses utilisateurs, quelques réglagesUne PME utilise une messagerie ou un outil de paie en ligne
PaaS (plateforme)Un environnement pour déployer ses propres applicationsLe code et la configuration de son applicationUne application sur mesure est déployée sur une plateforme gérée
IaaS (infrastructure)Des serveurs, du stockage et du réseau à la demandeSystèmes d'exploitation, logiciels, applicationsUne entreprise loue des machines virtuelles et y installe ce qu'elle veut

Une application développée sur mesure s'héberge donc en PaaS ou en IaaS, un sujet traité dans la question combien coûte l'hébergement d'une application.

Exemples de SaaS en entreprise

Selon Eurostat, en 2025, 52,74 % des entreprises de l'Union européenne de 10 personnes ou plus achetaient des services de cloud computing payants ; parmi elles, 85,15 % s'en servaient pour la messagerie, 58,16 % pour la finance et la comptabilité, 30,12 % pour un ERP et 27,91 % pour un CRM.

Une entreprise peut être concernée par le SaaS de deux façons :

  • Comme cliente : elle souscrit à un logiciel de paie, de facturation ou de prise de rendez-vous, payé par mois ou par utilisateur.
  • Comme éditrice : elle fait développer son propre logiciel pour le proposer en ligne à d'autres entreprises, en général par abonnement. VISIA, SaaS de mesure de la visibilité d'un site dans les assistants IA, est un produit interne de YMHB Web conçu sur ce modèle. Le guide développement SaaS décrit les étapes de ce second cas.

Quels droits a le client d'un SaaS ?

Le client d'un SaaS est protégé par deux textes européens : le RGPD pour les données personnelles, et le règlement sur les données, ou Data Act, pour le changement de fournisseur.

  • RGPD, article 28 : quand le fournisseur traite des données personnelles pour le compte du client, un contrat doit fixer l'objet, la durée, la nature et la finalité du traitement ainsi que les types de données ; au terme de la prestation, le fournisseur supprime ou renvoie les données, au choix du client.
  • Règlement (UE) 2023/2854, applicable depuis le 12 septembre 2025 : le contrat doit prévoir un préavis de deux mois au plus pour lancer un changement de fournisseur, la bascule devant en principe aboutir dans une période transitoire de trente jours calendaires ; à partir du 12 janvier 2027, aucun frais de changement de fournisseur ne peut être facturé. L'article 31 écarte toutefois cette suppression des frais pour les services conçus sur mesure pour un client particulier et non proposés à grande échelle.

Ces règles posent un cadre, pas une garantie pratique : le format d'export et la documentation des données restent à vérifier avant de signer, comme l'explique la définition de la réversibilité. Pour un contrat précis, un avocat en droit du numérique reste l'interlocuteur adapté.

Les idées reçues sur le SaaS

Le SaaS est souvent le bon choix, mais trois idées reçues faussent la décision.

  • « Un SaaS coûte toujours moins cher. » L'abonnement évite un investissement initial, mais il se paie chaque mois et augmente avec le nombre d'utilisateurs ; la comparaison se fait sur plusieurs années, comme dans le comparatif logiciel sur mesure ou SaaS.
  • « Le fournisseur s'occupe de la conformité. » L'entreprise cliente reste responsable du traitement des données de ses propres clients ; le fournisseur agit en principe comme sous-traitant au sens du RGPD.
  • « Le SaaS s'adaptera à notre façon de travailler. » Un SaaS est conçu pour le plus grand nombre : on adapte ses habitudes au logiciel, rarement l'inverse.

Termes voisins du SaaS

  • Cloud computing (informatique en nuage) : accès à la demande à des ressources informatiques partagées, dont le SaaS est une des formes.
  • Logiciel sur site (on-premise) : logiciel installé et exploité sur les serveurs de l'entreprise.
  • Multilocataire (multi-tenant) : architecture où une seule instance du logiciel sert plusieurs clients, avec des données cloisonnées.
  • SLA : engagement de niveau de service, qui fixe notamment la disponibilité promise par le fournisseur.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un SaaS et un logiciel sur mesure ?
Un SaaS est un logiciel standard loué en ligne : le même produit sert de nombreux clients, l'éditeur décide des évolutions et chaque client paie un abonnement. Un logiciel sur mesure est conçu pour une seule entreprise, qui peut en devenir propriétaire si le contrat le prévoit. Un logiciel sur mesure peut lui-même devenir un SaaS, lorsque son propriétaire le commercialise par abonnement auprès d'autres entreprises.
Le SaaS est-il sûr pour les données de l'entreprise ?
La sécurité d'un SaaS dépend de son fournisseur : localisation des serveurs, chiffrement, gestion des accès, sauvegardes et certifications. L'entreprise cliente reste responsable des données personnelles qu'elle y confie et doit conclure avec le fournisseur le contrat de sous-traitance prévu par l'article 28 du RGPD. Pour des données sensibles, comme les données de santé, des règles d'hébergement spécifiques peuvent s'appliquer : à vérifier avec un juriste avant de choisir le fournisseur.
Peut-on quitter facilement un SaaS ?
Quitter un SaaS est mieux encadré depuis le 12 septembre 2025, date d'application du règlement européen sur les données. Le contrat doit prévoir un préavis de deux mois au plus pour engager le changement, et à partir du 12 janvier 2027 le fournisseur ne peut plus facturer de frais de changement. En pratique, la difficulté tient souvent au format d'export : il faut vérifier avant de signer que les données sortent complètes et exploitables.
Comment dit-on SaaS en français ?
SaaS est le sigle anglais de Software as a Service. En français, on rencontre « logiciel en tant que service », « logiciel à la demande », formule employée par la version française du règlement européen sur les données, et « logiciel-service », terme retenu par l'Office québécois de la langue française. Toutes ces expressions désignent un logiciel hébergé par son fournisseur et utilisé en ligne, en général par abonnement.

À lire aussi

Sources

  1. Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « logiciel-service » (2020)
  2. NIST, Special Publication 800-145, The NIST Definition of Cloud Computing (septembre 2011)
  3. EUR-Lex, Règlement (UE) 2023/2854 du 13 décembre 2023 sur les données (Data Act), articles 25, 29, 31 et 50
  4. CNIL, texte du RGPD, chapitre IV, article 28 (sous-traitant)
  5. Eurostat, Cloud computing, statistics on the use by enterprises (données 2025, extraites en janvier 2026)

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