Kirundi à l'oral, français à l'écrit : dans quelle langue concevoir le logiciel ?
En français, dans la plupart des cas. Le site L'aménagement linguistique dans le monde (CEFAN, Université Laval) décrit une répartition nette : le kirundi domine les échanges oraux, alors que le français reste la langue de travail écrite de l'administration centrale, la langue dans laquelle les lois sont en pratique rédigées, et celle des situations formelles et du commerce international. Ce site note aussi que l'anglais gagne du terrain dans le monde des affaires. Selon les estimations 2022 de l'Observatoire de la langue française de l'OIF, environ 9 % des Burundais parlaient français.
Pour un logiciel, la règle qui en découle est simple : écrans, factures et rapports en français ; libellés courts, sans jargon, pour des utilisateurs qui lisent le français sans forcément le parler chaque jour ; kirundi possible pour les équipes de terrain si votre entreprise fournit et valide les traductions ; anglais pour des clients ou partenaires régionaux.
Inflation et change : comment sécuriser le budget du projet ?
Selon la Banque mondiale (page mise à jour le 9 octobre 2026), l'inflation au Burundi a atteint 34 % en moyenne en 2025 avant de redescendre à 8,4 % en août 2026, et un écart important persiste entre le taux de change du marché officiel et celui du marché parallèle. L'institution juge par ailleurs les réserves internationales faibles. Pour une entreprise burundaise, le risque d'un projet confié à l'étranger tient donc moins au développement lui-même qu'aux paiements.
Quatre précautions limitent ce risque :
- Un prix arrêté après le cadrage, sous forme de forfait global ferme, plutôt qu'une facturation au temps passé dont le total reste inconnu.
- Une devise écrite dans le contrat, discutée avec votre banque en fonction de l'accès aux devises dont dispose votre entreprise.
- Un échéancier calé sur des étapes livrées : chaque paiement correspond à une partie visible et testable de l'outil.
- Un périmètre découpé en lots : si l'effort doit être étalé, un premier lot utile est mis en service avant les suivants.
Le comparatif forfait ou régie explique pourquoi un prix ferme convient mieux à une entreprise qui doit anticiper ses sorties de devises.
Une économie agricole : quels outils numériques ont du sens ?
La Banque mondiale estime la population du Burundi à environ 14 millions d'habitants, dont 85 % travaillent dans le secteur agricole. Les services représentent 51 % du PIB, l'agriculture 31,6 % et l'industrie 17,4 %. La croissance réelle a été de 4,2 % en 2025, après 4,1 % en 2024, et la même source la projette à 4,2 % en 2026 ; elle mentionne aussi la hausse des exportations minières et de café.
Dans ce contexte, les outils utiles sont souvent modestes et très ciblés :
- une application de collecte pour une coopérative ou une station de lavage de café, qui enregistre hors connexion les apports de chaque producteur et calcule ce qui lui revient ;
- un registre de lots pour un exportateur qui doit prouver l'origine et la qualité de chaque expédition ;
- un logiciel de gestion commerciale et de stock pour un importateur de Bujumbura ou de Gitega ;
- un portail pour une organisation qui suit des projets dans plusieurs provinces et consolide les rapports de terrain.
La page logiciel agricole et coopérative détaille la gestion des apports et des paiements aux producteurs.
TVA française, retenues burundaises : que dit la règle ?
Le BOFiP (BOI-TVA-CHAMP-20-50-20) indique que le lieu d'une prestation de services rendue à un assujetti établi hors de l'Union européenne n'est pas en France : la facture adressée à une entreprise burundaise ne comporte donc pas de TVA française. Pour justifier ce traitement, le prestataire réunit des éléments d'identification de votre entreprise (immatriculation, numéro fiscal), comme le BOFiP le recommande lorsque le service n'est pas couramment utilisé dans l'activité du client.
La liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr, consultée en octobre 2026, ne contient pas d'entrée pour le Burundi. Si le droit burundais prévoit une taxe sur les services achetés à l'étranger ou une retenue sur les paiements à un prestataire non résident, elle s'appliquerait sans aménagement conventionnel. Votre expert-comptable doit l'intégrer au coût total avant la signature.
Quelles règles pour les données personnelles ?
Nous n'avons pas identifié, dans une source officielle accessible en octobre 2026, de loi burundaise générale sur la protection des données personnelles : faites vérifier ce point par un juriste au Burundi avant de choisir l'hébergement. La liste de l'Union africaine mise à jour le 8 juillet 2024 ne mentionne ni signature ni ratification du Burundi pour la Convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel.
Le logiciel n'est pas conçu pour autant sans garde-fous. YMHB Web est établie en France et applique le RGPD à ce qu'elle traite pour vous, puisque l'article 3 du règlement couvre les sous-traitants établis dans l'Union. Droits d'accès par rôle, journal des connexions, sauvegardes régulières et suppression des données devenues inutiles font partie de la conception. Le détail figure dans le guide RGPD et logiciel métier.
Comment travailler avec une agence située à Lyon ou à Dijon ?
YMHB Web n'a pas de bureau au Burundi. Le projet se mène en visioconférence et par écrit : entretiens de cadrage avec les futurs utilisateurs, maquettes commentées, version testable accessible en permanence, compte rendu après chaque point. Le fondateur, Yanis Hamidou-Brochot, reste l'interlocuteur du premier rendez-vous à la mise en service. Au paiement intégral, le code et les données sont à vous, déposés sur vos comptes et documentés ; un développeur burundais peut reprendre l'outil sans dépendre de YMHB Web. Les cinq étapes sont décrites sur la page processus.
De votre côté, un projet à distance demande peu de chose, mais il le demande vraiment :
- un référent qui connaît le métier et peut trancher, disponible pour un point régulier ;
- des exemples réels de vos documents : bons, fiches de collecte, factures, tableurs en cours ;
- deux ou trois utilisateurs qui testent chaque version sur leurs propres appareils et disent ce qui ne marche pas ;
- une connexion suffisante pour la visioconférence, au moins aux étapes de cadrage et de recette.
Questions fréquentes
Dans quelle langue est livré un logiciel destiné à une entreprise burundaise ?
En français dans la plupart des cas, car le français reste au Burundi la langue écrite de l'administration centrale, des lois et des échanges commerciaux formels, selon le site L'aménagement linguistique dans le monde de l'Université Laval. Le kirundi peut être ajouté pour des équipes de terrain, avec des traductions validées par l'entreprise, et l'anglais pour des partenaires régionaux.
Comment fixer le prix d'un projet logiciel quand le change est instable ?
Avec un forfait global ferme établi après le cadrage, une devise écrite dans le contrat et un échéancier calé sur des étapes livrées. Au Burundi, où la Banque mondiale relève une inflation moyenne de 34 % en 2025 et un écart entre taux de change officiel et parallèle, ces trois clauses rendent le coût total prévisible et limitent les sorties de devises imprévues.
Y a-t-il une convention fiscale entre la France et le Burundi ?
La liste des conventions fiscales publiée par impots.gouv.fr, consultée en octobre 2026, ne comporte pas d'entrée pour le Burundi. Une taxe ou une retenue prévue par le droit burundais sur les paiements à un prestataire étranger s'appliquerait donc sans aménagement conventionnel. Un expert-comptable doit l'intégrer au coût total d'un projet logiciel avant la signature du contrat.
La TVA française s'applique-t-elle à une entreprise du Burundi ?
Non, en règle générale. Selon le BOFiP (BOI-TVA-CHAMP-20-50-20), une prestation de services rendue à un assujetti établi hors de l'Union européenne, comme une entreprise burundaise, n'a pas son lieu en France. La facture est émise sans TVA française, le prestataire devant pouvoir établir que son client agit en tant qu'entreprise assujettie.
Le Burundi a-t-il une loi sur les données personnelles ?
YMHB Web n'a pas identifié, dans une source officielle accessible en octobre 2026, de loi burundaise générale sur les données personnelles : un juriste local doit le confirmer. La liste de l'Union africaine du 8 juillet 2024 ne mentionne pas de signature burundaise de la Convention de Malabo. YMHB Web applique de son côté le RGPD aux traitements qu'elle réalise pour ses clients.
À lire aussi
Sources
- L'aménagement linguistique dans le monde (CEFAN, Université Laval), page Burundi : statut et usage du kirundi, du français et de l'anglais
- Observatoire de la langue française de l'OIF, estimations 2022 du nombre de francophones par pays, reprises par le site L'aménagement linguistique dans le monde (CEFAN, Université Laval)
- Banque mondiale, Burundi : vue d'ensemble (mise à jour du 9 octobre 2026)
- BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-20-50-20 : TVA, lieu des prestations de services, règles générales (mise à jour du 29 décembre 2021)
- impots.gouv.fr, Les conventions internationales : conventions fiscales par pays et textes signés non encore entrés en vigueur (consulté en octobre 2026)
- Union africaine, liste des pays ayant signé, ratifié ou adhéré à la Convention sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel (mise à jour du 8 juillet 2024)
- CNIL, texte du RGPD, chapitre I (article 3 : champ d'application territorial)
