Existe-t-il un prix de marché pour une migration de données ?
Pas pour les logiciels métier : aucun baromètre public ne publie de prix de migration séparé. Le repère le plus proche concerne les sites internet. Dans son baromètre 2026, établi sur 1 312 budgets d'agences arrêtés début juillet 2026, La Fabrique du Net relève une médiane de 12 000 € pour les 55 projets qui incluent une migration ou une reprise de données, contre 5 200 € pour l'ensemble des projets.
Ce chiffre ne donne pas le prix de la migration elle-même, qui n'est qu'une partie de ces projets. Il indique surtout qu'une reprise de données accompagne des projets plus lourds, et qu'elle mérite une ligne distincte dans un devis. Pour un logiciel métier, le prix se construit à partir des variables ci-dessous, mesurées sur un export réel plutôt que supposées.
Quelles variables font le prix d'une migration ?
| Variable | Migration légère | Migration lourde |
|---|---|---|
| Nombre de sources | Un ancien logiciel avec un export complet | Un logiciel, trois classeurs partagés et une base Access, chacun faisant foi pour une équipe |
| Qualité | Champs remplis de façon homogène, peu de doublons | Doublons, dates saisies en texte, statuts écrits de dix façons, champs détournés de leur usage |
| Transformations | Correspondance champ à champ | Un champ commentaire à découper, des codes à recalculer, une structure à remodeler |
| Historique | Données actives seulement | Dix ans d'historique, avec les anciennes règles de gestion |
| Pièces jointes | Aucune | Photos, PDF signés, contrats à rattacher chacun à sa fiche |
| Transition | Bascule unique, ancien outil en lecture seule | Les deux systèmes synchronisés pendant des semaines |
| Contrôles | Comptages | Rapprochement des montants, échantillons vérifiés par le métier, contrôle champ par champ |
Le volume brut compte moins qu'on ne le croit : un programme de migration traite dix mille lignes presque aussi facilement que mille. Ce qui coûte, ce sont les cas particuliers, et ils se multiplient avec le nombre de sources et l'âge des données.
Où part le temps d'une migration ?
- Inventaire des sources, y compris les tableurs que personne ne mentionne au premier rendez-vous.
- Profilage des données sur un export complet : taux de remplissage, doublons, valeurs hors norme.
- Table de correspondance validée par le métier : chaque ancien champ, sa destination, sa règle de transformation.
- Programme de migration rejouable, plutôt qu'une suite de manipulations manuelles.
- Migrations à blanc sur une copie, jusqu'à un résultat stable, avec la liste des lignes rejetées et leur motif.
- Contrôles chiffrés : comptages, sommes des montants, échantillons relus.
- Bascule : gel des saisies dans l'ancien outil, dernière migration, contrôles, décision de mise en service.
Les étapes 2, 3 et 5 font la différence entre un devis tenu et un devis qui dérape. Le guide migrer les données d'un ancien logiciel les décrit pas à pas.
Papier, texte libre, base Access : les cas qui changent le budget
- Des documents papier ou des PDF scannés. Il faut d'abord en extraire le texte par reconnaissance de caractères. Le coût d'usage de cette étape reste faible : Mistral AI affiche son modèle OCR 4.1 à 4 dollars pour 1 000 pages (tarif public relevé en octobre 2026). Vérifier les champs mal lus coûte bien davantage que la lecture elle-même.
- Des champs en texte libre à classer, comme un commentaire qui mêle relance, remise et nom de contact. Un modèle de langage peut proposer un classement ligne par ligne : OpenAI affiche gpt-6-luna à 0,10 dollar par million de jetons d'entrée et 0,50 dollar en sortie (tarif public relevé en octobre 2026). Le résultat se contrôle ensuite par échantillons.
- Une base Access ou FileMaker, dont les règles se cachent dans des requêtes et des macros : la page migrer une base Access ou FileMaker traite ce cas.
- Un logiciel en ligne dont vous partez : tout dépend de l'export prévu par l'éditeur, voir quitter un logiciel SaaS et récupérer ses données.
- Des données personnelles : reprendre tout l'historique au cas où alourdit la migration et pose des questions de durée de conservation, abordées dans le guide RGPD et logiciel métier.
Exemple : la migration de Cap Vert, de MongoDB à PostgreSQL
Pour Cap Vert Operations, dont les équipes nettoient des stations-service, des stations de lavage et des panneaux solaires, YMHB Web a remplacé un outil hérité par un tableau de bord web et une application mobile. La migration a porté sur près de 10 000 enregistrements, répartis ainsi.
| Type d'enregistrement | Volume repris |
|---|---|
| Clients | Environ 1 200 |
| Chantiers | Environ 1 380 |
| Interventions | Environ 4 000 |
| Rapports | Environ 3 000 |
Trois choix de méthode ont tenu le risque à distance. Les données ont été transférées par programme de l'ancienne base MongoDB vers PostgreSQL, puis synchronisées pendant toute la transition, si bien que les équipes ont continué à travailler. Chaque champ a été comparé entre l'ancienne et la nouvelle base. Et aucune donnée n'a été supprimée avant que le client donne son accord pour basculer, ce qui s'est fait en août 2026, sans perte. Le détail figure sur la page Cap Vert.
Comment réduire le coût d'une migration sans mettre les données en danger ?
Chaque dérapage connu d'une migration a sa parade, et la plupart coûtent moins cher que le problème qu'elles évitent.
| Ce qui fait déraper | Ce qui fait économiser |
|---|---|
| Qualité des données découverte trop tard | Profiler un export complet dès le cadrage |
| Doublons et fiches mortes | Les fusionner ou les fermer à la source, avant le projet |
| Règle cachée dans l'ancien outil | Comparer les résultats des deux systèmes sur les mêmes données |
| Arbitrages qui traînent | Un référent métier disponible, qui tranche dans la semaine |
| Historique repris par précaution | Archiver l'ancien, ne transformer que l'utile |
| Double saisie prolongée | Ancien outil en lecture seule, ou synchronisation automatique |
| Copier-coller manuels | Un programme rejouable, éprouvé par des migrations à blanc |
Le levier le plus rentable reste le premier : quelques heures passées sur un export réel au moment du cadrage évitent les avenants signés au moment de la bascule.
Après la bascule : quels coûts restent à prévoir ?
Une migration ne s'arrête pas le jour de la bascule. Trois postes subsistent pendant quelques mois, parfois plus.
- L'ancien système en lecture seule : licence, hébergement ou poste qui le fait tourner, tant que l'historique doit rester consultable.
- L'archive : un export complet, lisible sans l'ancien logiciel, stocké avec sa durée de conservation.
- Les corrections signalées par les utilisateurs dans les premières semaines, à traiter vite pour que le nouvel outil garde leur confiance.
Fixez dès le départ la date à laquelle l'ancien outil sera éteint : c'est elle qui arrête la dépense.
Comment YMHB Web chiffre une migration de données
YMHB Web chiffre une migration après avoir travaillé sur un export réel, pendant le cadrage. Le profilage de cet export (sources, volumes, taux de remplissage, doublons, pièces jointes) fixe les hypothèses du chiffrage. Elles sont écrites dans le périmètre : quelles tables sont reprises, sur quelle profondeur d'historique, avec quels contrôles et quels critères d'acceptation, et ce qui reste dans l'archive. Le prix prend la forme d'un forfait global ferme, intégré au projet logiciel ou isolé quand le client change seulement d'outil.
Pendant la migration, rien n'est supprimé dans l'ancien système avant la décision de bascule du client, et les données migrées lui appartiennent, comme le code. La reprise des données et la formation font partie de la mise en service, quatrième étape de la méthode de YMHB Web.
Questions fréquentes
Combien coûte la reprise de données d'un ancien logiciel ?
Aucune source publique ne publie le prix d'une reprise de données pour un logiciel métier. Le repère le plus proche vient de La Fabrique du Net : en 2026, les projets de site qui incluent une reprise de données ont une médiane de 12 000 €, contre 5 200 € pour l'ensemble des sites. Le coût réel dépend du nombre de sources, de leur qualité et des contrôles exigés.
La migration des données est-elle comprise dans le prix d'un logiciel ?
Pas toujours. Certains devis de logiciel incluent la reprise des données, d'autres la renvoient à plus tard ou la limitent à l'import de fichiers que le client fournit déjà propres. Vérifiez ce que dit le périmètre : quelles sources, quel historique, quels contrôles, qui nettoie. Une migration absente du devis réapparaît souvent sous forme d'avenant au moment de la mise en service.
Peut-on migrer ses données soi-même pour réduire le coût ?
Une partie du travail peut être faite en interne, et c'est souvent rentable : inventorier les sources, fermer les fiches mortes, fusionner les doublons évidents, désigner la version qui fait foi. La transformation et le chargement gagnent en revanche à passer par un programme rejouable, testé sur plusieurs migrations à blanc, pour refaire l'opération à l'identique le jour de la bascule.
Combien de temps garder l'ancien système après une migration ?
L'ancien système doit rester consultable, en lecture seule, le temps de vérifier la reprise et aussi longtemps que des obligations de conservation ou des litiges possibles l'exigent. Pour les données personnelles, vérifiez aussi les durées de conservation applicables, présentées dans le guide RGPD et logiciel métier. Fixez une date d'extinction, car l'ancien système continue de coûter tant qu'il tourne.
Quelle différence entre une migration à blanc et la bascule ?
Une migration à blanc exécute toute la migration sur une copie, sans toucher à la production, pour mesurer ce qui passe, ce qui est rejeté et combien de temps l'opération prend. On en fait plusieurs, jusqu'à un résultat stable. La bascule est l'exécution finale, après gel des saisies dans l'ancien outil, suivie des contrôles et de la décision de mise en service.
À lire aussi
Sources
- La Fabrique du Net, « Prix d'un site internet en 2026 : les tarifs réels des agences » (1 312 budgets, données arrêtées début juillet 2026)
- Mistral AI, documentation, « Pricing » (modèles de langage et OCR 4.1 ; tarif public relevé en octobre 2026)
- OpenAI, API Docs, « Pricing » (tarifs Standard, Batch et Flex, contexte court et long ; tarif public relevé en octobre 2026)
