Besoin · Traçabilité de production

Traçabilité des lots : retrouver en quelques minutes ce qui est parti chez qui

Tracer ses lots de production, c'est pouvoir dire, pour tout produit livré, de quels lots de matières il est issu, et pour tout lot de matière, chez quels clients il est parti. YMHB Web développe des outils de traçabilité sur mesure qui enregistrent les lots à la réception, en fabrication et à l'expédition, par codes-barres et avec les données remontées des machines.

L'essentiel

  • Tracer ses lots, c'est relier pour chaque produit fini les lots de matières consommés et les clients livrés : en amont, en interne et en aval.
  • Dans l'alimentaire, l'article 18 du règlement (CE) 178/2002 impose depuis le 1er janvier 2005 un résultat de traçabilité, sans imposer de moyen.
  • Depuis le 11 mars 2026, un rappel déclaré sur RappelConso doit indiquer la quantité de produits vendus et son unité.
  • Les identifiants GS1 portent le GTIN, le numéro de lot jusqu'à 20 caractères et la date de péremption, en code GS1-128 ou GS1 DataMatrix.
  • YMHB Web valide chaque outil de traçabilité par un exercice de rappel à blanc chronométré avant de l'étendre à tout l'atelier.

Votre fournisseur appelle : combien de temps pour répondre ?

Un mardi matin, le fournisseur de noisettes d'une biscuiterie annonce qu'un de ses lots est suspect. Trois questions arrivent dans l'heure : quels produits finis ont utilisé ce lot, fabriqués quels jours, et livrés à quels clients, en quelles quantités ? Si la réponse suppose de feuilleter les fiches de fabrication manuscrites, de croiser des bons de livraison classés par mois et de deviner quel sac a été entamé le jeudi, elle prend une journée. Faute de certitude, l'entreprise rappelle large : toute la production de la semaine au lieu de deux lots.

La direction générale de l'alimentation (DGAL), dans une note de service du 17 août 2005, met d'ailleurs en garde contre ces retraits ou rappels disproportionnés, dus à l'absence de traçabilité interne, qui peuvent porter préjudice à toute une filière. Un outil de traçabilité se juge donc à un critère simple : le temps nécessaire pour répondre à ces trois questions, mesuré lors d'un exercice de rappel à blanc.

Amont, interne, aval : que faut-il enregistrer ?

MaillonQuestion à laquelle il répondDonnées à capter
AmontDe qui vient cette matière ?fournisseur, nature du produit, lot fournisseur, date de réception, quantité
InterneQu'est devenue cette matière ?ordre de fabrication, lots consommés et quantités, lot produit, date, ligne ou poste, mélanges, reconditionnements, reprises
AvalOù est parti ce produit ?client, lot livré, quantité, date de livraison

Dans l'alimentaire, la note de la DGAL rappelle que l'article 18 du règlement (CE) 178/2002 s'applique depuis le 1er janvier 2005 à tous les opérateurs, de la production à la distribution. L'exploitant doit pouvoir présenter immédiatement le nom et l'adresse du fournisseur, la nature des produits et la date de livraison en amont, et les mêmes informations sur ses clients en aval. Les numéros de lot et les quantités y sont recommandés. Le texte impose un résultat, pas un moyen : l'exploitant choisit son système et en porte la responsabilité.

Le maillon interne est souvent le plus fragile. Savoir ce qui est entré et ce qui est sorti ne suffit pas si l'on ignore quels lots de matière se sont retrouvés dans quel lot fini.

Quelles obligations selon votre activité ?

  • Denrées alimentaires : traçabilité un cran en amont, un cran en aval. Pour la conservation des enregistrements, la note de la DGAL retient en principe 5 ans, et 6 mois pour les produits très périssables dont la date limite est inférieure à 3 mois. Les spécificités du secteur sont développées sur notre page logiciel pour l'agroalimentaire.
  • Produits de consommation grand public, alimentaires ou non : depuis 2021, une entreprise qui rappelle un produit dangereux doit publier l'avis de rappel sur le site RappelConso, indique le ministère de l'Économie. Depuis le 11 mars 2026, un arrêté du 20 février 2026 ajoute à la déclaration la quantité de produits vendus et son unité. L'outil de traçabilité doit donc savoir calculer, lot par lot, les quantités vendues.
  • Médicaments et dispositifs médicaux : selon la même page du ministère, les rappels suivent une procédure distincte auprès de l'ANSM.
  • Sous-traitance industrielle : pour une pièce vendue à un industriel, ce sont en général le contrat et le cahier des charges du client qui fixent la granularité du lot et les documents à fournir avec chaque livraison.

Comment capter les numéros de lot sans ralentir l'atelier ?

Par le code-barres, à chaque changement de main. Les standards GS1 prévoient des identifiants normalisés pour ces informations. Selon le guide GS1 DataMatrix, l'identifiant (01) porte le code article GTIN sur 14 chiffres, l'identifiant (10) le numéro de lot sur 20 caractères alphanumériques au plus, et l'identifiant (17) la date de péremption au format AAMMJJ. Ces données s'encodent selon les mêmes règles dans un code-barres linéaire GS1-128 ou dans un symbole GS1 DataMatrix à deux dimensions.

Sur le terrain, cela donne quatre gestes :

  1. à la réception, le magasinier scanne l'étiquette du fournisseur ; l'outil crée le lot d'entrée et imprime au besoin une étiquette interne ;
  2. en fabrication, l'opérateur scanne les lots qu'il charge, rattachés à l'ordre de fabrication en cours ;
  3. en fin de fabrication, le lot produit reçoit son numéro et son étiquette ;
  4. à l'expédition, le scan des colis alimente le bon de livraison et l'historique aval.

Un téléphone avec caméra suffit souvent pour démarrer ; les terminaux durcis se justifient en chambre froide ou en ambiance poussiéreuse. La décision la plus délicate est la granularité : un lot par jour, par cuve, par palette ? Elle se prend avec la qualité et la production, en pensant au périmètre d'un futur rappel. Le matériel de lecture rejoint celui des inventaires par codes-barres.

Faut-il relier la traçabilité aux machines ?

Quand une ligne est pilotée par un automate, une partie des données de lot existe déjà : numéro d'ordre de fabrication, recette chargée, températures, poids dosés, heures de début et de fin. Les récupérer automatiquement évite une ressaisie et ajoute au dossier du lot des preuves que personne n'aurait notées, comme la courbe de cuisson ou le poids réel de chaque mélange.

La liaison passe par la lecture des données de l'automate ou de la supervision, ou par un écran opérateur qui exige le scan du lot avant de lancer le cycle. YMHB Web programme aussi des automates et des interfaces homme-machine, ce qui permet de traiter les deux côtés dans un même projet ; la démarche est décrite sur la page relier automates, IHM et supervision à votre ERP.

Registre, ERP ou outil dédié : quelles options avant de développer ?

OptionPour quiPoint de vigilance
Registre papier ou tableur organisépetit atelier, peu de références, peu de mélangesla DGAL admet un registre ou l'organisation de documents existants ; la difficulté est la recherche rapide en cas de rappel
Module de gestion des lots de l'ERPentreprise déjà équipée d'un ERP qui suit les lots en stocktester en priorité la transformation interne : mélanges, fractionnements, reprises
Logiciel de traçabilité ou de GPAO du marchéprocessus proches des standards du secteuradapter l'atelier au logiciel plutôt que l'inverse
Outil sur mesuremélanges complexes, machines à connecter, plusieurs sites, exigences clients particulièressuppose un cadrage précis et une discipline de saisie

Comment YMHB Web mène un projet de traçabilité

Le cadrage se fait dans l'atelier. Nous suivons physiquement le parcours d'un produit, de la réception au quai d'expédition, en notant chaque endroit où un lot change d'identité : déconditionnement, mélange, fractionnement, reprise d'un produit non conforme. Nous rejouons ensuite sur papier un rappel, réel ou fictif, avec vos documents actuels, pour mesurer l'écart avec l'objectif.

La construction suit l'ordre des maillons : réception d'abord, expédition ensuite, transformation interne en dernier, car c'est elle qui demande le plus d'ajustements avec les opérateurs. Chaque étape est mise en service sur une ligne avant d'être étendue. La recette finale est un rappel à blanc chronométré, qui produit aussi l'export des quantités vendues par lot utile à une déclaration RappelConso. L'outil peut se brancher sur votre ERP existant au lieu de le remplacer, et le code comme les données vous appartiennent. Les spécificités industrielles sont détaillées sur notre page logiciel de production pour PME industrielle.

Ce qu'un logiciel ne réglera pas à votre place

  • Des contenants non identifiés : si les bacs entamés ne portent pas d'étiquette, aucun logiciel ne saura ce qu'ils contiennent. L'étiquetage physique précède l'outil.
  • L'analyse des dangers et le plan de maîtrise sanitaire : l'outil enregistre, il ne remplace pas la démarche qualité.
  • Un ERP qui gère déjà correctement les lots : mieux vaut le paramétrer et former les équipes que superposer un second outil.
  • Une petite production avec peu de références : un registre bien tenu, testé régulièrement par un rappel à blanc, peut suffire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la traçabilité amont et aval ?

La traçabilité amont permet de savoir de quel fournisseur, de quel lot et de quelle livraison provient une matière. La traçabilité aval permet de savoir à quels clients, en quelles quantités et à quelle date un produit a été livré. Entre les deux, la traçabilité interne relie les lots de matières consommés aux lots de produits finis, maillon indispensable pour cibler un rappel.

Combien de temps conserver les enregistrements de traçabilité alimentaire ?

La note de service de la DGAL du 17 août 2005 sur le règlement (CE) 178/2002 retient en principe une conservation de 5 ans à compter de la fabrication ou de la livraison. Pour les produits très périssables dont la date limite est inférieure à 3 mois, une durée de 6 mois est admise. Vérifiez les règles propres à votre filière auprès des services de contrôle.

Faut-il déclarer un rappel de produit sur RappelConso ?

Oui, une entreprise qui rappelle un produit de consommation grand public, alimentaire ou non, doit publier l'avis de rappel sur RappelConso, selon le ministère de l'Économie. Depuis le 11 mars 2026, la déclaration comprend la quantité de produits vendus et son unité. Les médicaments et dispositifs médicaux suivent une procédure distincte auprès de l'ANSM.

Quel code-barres utiliser pour imprimer un numéro de lot ?

Les standards GS1 prévoient l'identifiant (10) pour le numéro de lot, jusqu'à 20 caractères alphanumériques, à côté du GTIN (identifiant 01) et de la date de péremption (identifiant 17). Ces données s'encodent dans un code-barres linéaire GS1-128 ou dans un symbole GS1 DataMatrix, plus compact. Le choix dépend de la place disponible sur l'étiquette et des exigences de vos clients.

Peut-on tracer ses lots sans ERP ?

Oui, la traçabilité des lots ne suppose pas d'ERP. La DGAL admet un registre ou l'organisation de documents existants, comme les bons de livraison, à condition de pouvoir répondre immédiatement en cas de contrôle ou de rappel. Un outil dédié, sur tablette avec lecture de codes-barres, devient utile quand les mélanges, les références ou les volumes rendent la recherche manuelle trop lente.

À lire aussi

Sources

  1. DGAL, note de service N2005-8205 du 17 août 2005 : contrôle de la traçabilité au titre du règlement (CE) 178/2002 (hors production primaire)
  2. Ministère de l'Économie, Rappels de produits : vous devez les déclarer sur le site RappelConso (25 mars 2026)
  3. Entreprendre.Service-Public.fr, Pro Rappel Conso : de nouvelles informations à déclarer pour les professionnels (13 mars 2026)
  4. GS1, GS1 DataMatrix : An Introduction and Implementation Guideline, Issue 2.0 (janvier 2015)
  5. GS1 France, « Le code-barres GS1 » (le GS1-128 porte notamment le numéro de lot et la date d'expiration ; GS1 DataMatrix), consulté en octobre 2026

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